Protéines végétales : les teneurs réelles et ce que vaut leur qualité

Mains coupant un bloc de tofu nature en cubes sur une planche, entre des bols de lentilles, de pois chiches, de haricots rouges et de graines de courge

Les protéines végétales sont les protéines apportées par les plantes : légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots, fèves), soja et ses dérivés, céréales, oléagineux et graines. Une fois cuites, les légumineuses en apportent environ 8 à 10 grammes pour 100 grammes selon la table Ciqual de l'Anses, le tofu nature 13,4 grammes et le seitan 20,6 grammes. Elles comptent dans le besoin quotidien au même titre que les protéines animales. Leur qualité se juge sur deux critères : la teneur en acides aminés indispensables, souvent limitée en lysine dans les céréales et en acides aminés soufrés dans les légumineuses, et la digestibilité, légèrement inférieure à celle des protéines animales d'après l'Anses.

Cette page donne les teneurs mesurées, en séparant l'aliment sec de l'aliment cuit, chiffre la qualité avec l'indicateur que recommande la FAO depuis 2013, puis traduit le tout en portions réelles. Une précision avant de commencer : nous fabriquons une barre protéinée, et ses protéines ne sont pas végétales. Nous y revenons en fin de page, sans détour.

Quels aliments sont les plus riches en protéines végétales ?

La première erreur à éviter tient à une seule ligne : la teneur d'une légumineuse change du tout au tout entre le sachet et l'assiette. Les « 20 à 25 grammes pour 100 grammes » souvent cités sont des valeurs à sec. À la cuisson, les graines absorbent de l'eau, et la teneur pour 100 grammes baisse d'autant : pour la lentille verte, les deux valeurs Ciqual ci-dessous sont dans un rapport d'environ 2,5.

Légumineuse (libellé Ciqual) Protéines pour 100 g, sèche Protéines pour 100 g, cuite à l'eau Énergie pour 100 g cuits
Lentille verte 25,1 g 10,1 g 127 kcal
Haricot rouge 22,5 g 9,63 g 116 kcal
Pois cassé 22,8 g 8,6 g non renseignée
Pois chiche 20,5 g 8,31 g 147 kcal
Fève 26,1 g 8,06 g 82,9 kcal
Soja, graine entière 34,5 g non renseignée non renseignée

Les produits à base de soja ou de blé se consomment tels quels, et leur teneur se lit donc directement dans l'assiette. Ce sont eux qui concentrent le plus de protéines végétales par portion.

Aliment (libellé Ciqual) Protéines pour 100 g Énergie pour 100 g
Seitan, préemballé (à base de gluten de blé) 20,6 g 134 kcal
Protéine de soja texturée, réhydratée 18,6 g 150 kcal
Tempeh 16,1 g 157 kcal
Tofu fumé, préemballé 14,9 g 164 kcal
Tofu nature, préemballé 13,4 g 148 kcal
Pâtes à base de lentilles corail, cuites 11,7 g 168 kcal
Houmous, préemballé 8,2 g non renseignée
Tofu soyeux, préemballé 4,57 g 54,3 kcal
Boisson au soja, nature, non enrichie 3,31 g 37,1 kcal

Céréales et pseudo-céréales : moins qu'on ne le dit

Le quinoa est souvent présenté comme une source majeure. Cuit, il apporte 4,66 grammes de protéines pour 100 grammes, contre 13,2 grammes cru. Le riz complet cuit en apporte 3,21 grammes, les pâtes au blé complet cuites 4,55 grammes, le boulgour cuit 3,73 grammes. Le pain complet monte à 8,38 grammes et les flocons d'avoine à 13,3 grammes, mais ce sont des aliments peu hydratés, que l'on mange en portions de 40 à 60 grammes. Les céréales ne portent donc pas un repas en protéines à elles seules : elles complètent, et c'est précisément leur rôle, comme on le verra plus bas.

Oléagineux et graines : riches au poids, en petites portions

Les oléagineux affichent des teneurs élevées : 22,8 grammes pour 100 grammes de cacahuètes, 20,2 grammes pour les graines de lin, 18,8 grammes pour les amandes avec peau, 16,5 grammes pour les graines de chia, 13,3 grammes pour les cerneaux de noix. Ramenés à une poignée de 30 grammes, ces chiffres deviennent 6,8 grammes pour les cacahuètes, 5,6 grammes pour les amandes et 4 grammes pour les noix. Ce sont aussi des aliments très riches en lipides, donc très énergétiques : un bon complément, pas une base. La spiruline séchée atteint 57,5 grammes pour 100 grammes, mais elle se consomme par quelques grammes : 5 grammes apportent moins de 3 grammes de protéines.

Pour comparer ces valeurs avec les sources animales sur la même échelle, notre classement des aliments les plus riches en protéines met toutes les familles dans un seul tableau.

Protéines végétales ou animales : quelle différence de qualité ?

Une protéine est une chaîne d'acides aminés. Neuf d'entre eux sont dits indispensables parce que le corps ne sait pas les fabriquer : histidine, isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane et valine. Contrairement à une idée répandue, les protéines végétales courantes (légumineuses, céréales, soja) les contiennent tous les neuf. Ce qui diffère, ce sont les proportions. L'Anses le résume ainsi : les céréales sont pauvres en lysine, les légumineuses en acides aminés soufrés (méthionine et cystéine). L'acide aminé le moins bien représenté par rapport aux besoins s'appelle l'acide aminé limitant : c'est lui qui fixe la valeur de la protéine.

Le second critère est la digestibilité, c'est-à-dire la part des acides aminés réellement absorbée. L'Anses indique que les protéines animales sont légèrement plus digestes que les protéines végétales.

Le DIAAS, l'indicateur qui chiffre la qualité

En 2013, un comité d'experts de la FAO a recommandé de remplacer l'ancien score, le PDCAAS, par le DIAAS (digestible indispensable amino acid score). La différence tient à la méthode : le PDCAAS applique une seule digestibilité, mesurée dans les selles, à tous les acides aminés, alors que le DIAAS mesure la digestibilité de chaque acide aminé à la fin de l'intestin grêle, là où ils sont absorbés. Le rapport de la FAO donne trois paliers à titre d'exemple : un DIAAS de 100 ou plus pour une qualité « excellente », de 75 à 99 pour une « bonne » qualité, et, en dessous de 75, aucune allégation « source de protéines » ou « riche en protéines ». Il précise que la valeur exacte de ces seuils demande encore à être étudiée, et Mathai et ses coauteurs rappellent qu'ils ont été choisis de façon arbitraire, sans recherche documentée à l'appui.

Voici les valeurs publiées par Mathai, Liu et Stein dans le British Journal of Nutrition en 2017, pour les huit ingrédients de l'étude, mesurées chez le porc, modèle que la FAO recommande à défaut de données humaines, avec le profil de référence des plus de 3 ans, adolescents et adultes.

Ingrédient testé Origine DIAAS Acide aminé limitant
Protéines de lait concentrées Animale (lait) 141 Acides aminés soufrés
Protéine de lactosérum concentrée Animale (lait) 133 Histidine
Protéine de lactosérum isolée Animale (lait) 125 Histidine
Lait écrémé en poudre Animale (lait) 123 Acides aminés soufrés
Farine de soja Végétale 105 Acides aminés soufrés
Protéine de soja isolée Végétale 98 Acides aminés soufrés
Protéine de pois concentrée Végétale 73 Acides aminés soufrés
Blé complet Végétale 54 Lysine

Trois lectures, et une limite. Le soja dépasse le palier de 100 sous forme de farine (105) et s'en approche en isolat (98) : il reste sous les protéines laitières de l'étude (123 à 141), mais c'est la source végétale la plus complète des quatre testées. Le pois passe sous le seuil de 75 parce que les acides aminés soufrés lui manquent. Le blé descend à 54, faute de lysine. La limite : ce sont des ingrédients isolés, donnés crus, sans les transformations qu'ils subissent avant d'être mangés, mesurés sur un modèle animal, et les valeurs varient d'une étude à l'autre. Une étude de 2015 menée chez le rat sur quatorze sources (Rutherfurd et al., Journal of Nutrition) obtient des DIAAS allant de 1 pour une céréale de petit déjeuner à base de maïs à 118 pour un concentré de protéines de lait. Un score ne qualifie pas un repas, il qualifie un ingrédient pris seul.

Deux assiettes vues de dessus : lentilles vertes avec du riz complet, et tofu poêlé avec des haricots verts et du brocoli
Lentilles et riz réunissent dans la même assiette la lysine des légumineuses et les acides aminés soufrés des céréales. L'Anses ne recommande pas pour autant d'associer systématiquement les deux.

Faut-il associer céréales et légumineuses au même repas ?

Non, pas obligatoirement. Le principe de complémentarité est réel : la lysine qui manque aux céréales est abondante dans les légumineuses, et les acides aminés soufrés qui manquent aux légumineuses sont mieux représentés dans les céréales. C'est ce qui fait la cohérence des plats traditionnels : riz et lentilles, semoule et pois chiches, pain et houmous, maïs et haricots rouges.

Mais l'Anses ne recommande pas de combiner systématiquement céréales et légumineuses. Elle constate qu'en France les apports en protéines atteignent les références nutritionnelles et que les sources sont suffisamment diversifiées pour qu'il n'y ait pas à craindre d'insuffisance. La règle utile qui en découle est la variété : des légumineuses, des céréales de préférence complètes, des oléagineux, et du soja si vous en mangez, répartis sur la journée. Le Haut Conseil de la santé publique, dans ses repères de 2017 pour le programme national nutrition santé, conseille de consommer des légumineuses au moins deux fois par semaine, et les considère comme des substituts possibles des viandes et volailles.

Combien de protéines végétales faut-il manger par jour ?

Il n'existe pas de besoin séparé pour les protéines végétales. La référence reste celle de l'Anses pour l'adulte : 0,83 gramme de protéines par kilo et par jour, soit environ 58 grammes pour 70 kilos. L'Anses précise que cette valeur suppose des protéines de bonne qualité, ce qui, dans une alimentation surtout végétale, passe par la variété décrite plus haut. Le détail du calcul selon le poids, l'âge et l'activité est sur notre page combien de protéines par jour.

À quoi ressemble une journée entièrement végétale qui atteint ce total ? Voici un exemple construit sur la table Ciqual, pour une personne de 70 kilos.

Moment Aliment et portion Protéines apportées
Petit déjeuner 40 g de flocons d'avoine et 250 ml de boisson au soja nature 13,6 g
Déjeuner 150 g de lentilles vertes cuites et 60 g de pain complet 20,2 g
Collation 30 g d'amandes avec peau 5,6 g
Dîner 100 g de tofu nature et 200 g de quinoa cuit 22,7 g
Total 62,1 g

Le total dépasse la référence, avec une source protéique à chaque repas. Le petit déjeuner est la ligne qui demande le choix le plus délibéré, parce que les options habituelles sont pauvres en protéines : nous avons détaillé les options, végétales comprises, dans notre page sur le petit déjeuner protéiné.

Boisson végétale versée depuis une carafe en verre dans un bol de flocons d'avoine, à côté d'une coupelle d'amandes
Une boisson au soja nature non enrichie apporte environ 8 g de protéines pour 250 ml (3,31 g pour 100 g selon Ciqual).

Protéines végétales et musculation : ce que changent les portions

Pour quelqu'un qui s'entraîne, la position de l'International Society of Sports Nutrition (Jäger et al., 2017) retient 1,4 à 2,0 grammes de protéines par kilo et par jour, et une dose de 20 à 40 grammes par prise. Ces repères portent sur le total des protéines, et l'ISSN précise que la dose par prise s'entend en protéines de haute qualité, ce qui ramène au DIAAS vu plus haut. L'autre différence se joue dans le volume et les calories qu'il faut manger pour atteindre une dose. Le calcul ci-dessous vise 25 grammes de protéines, à partir de la table Ciqual.

Aliment (libellé Ciqual) Protéines pour 100 kcal Portion pour 25 g de protéines Énergie de cette portion
Seitan, préemballé 15,4 g 121 g 163 kcal
Protéine de soja texturée, réhydratée 12,4 g 134 g 202 kcal
Tempeh 10,3 g 155 g 244 kcal
Tofu nature, préemballé 9,1 g 187 g 276 kcal
Lentille verte, cuite à l'eau 8,0 g 248 g 314 kcal
Pois chiche, cuit à l'eau 5,7 g 301 g 442 kcal
Quinoa, cuit à l'eau 3,1 g 536 g 799 kcal
Repère animal : blanc de poulet en tranche 19,5 g 121 g 128 kcal

Le tableau montre deux choses. Les dérivés concentrés (seitan, soja texturé, tempeh) permettent d'atteindre une dose sportive en portion normale. Les légumineuses entières y arrivent aussi, avec un volume et des calories nettement plus élevés, ce qui compte pour qui surveille son apport énergétique ou mange peu. Le quinoa et les céréales, eux, ne sont pas faits pour porter seuls une dose. Les repères complets pour l'entraînement, par poids et par sexe, sont sur notre page quantité de protéines par jour en musculation.

Les protéines végétales en poudre (pois, riz, soja, souvent mélangées) suivent la même logique que les ingrédients du tableau DIAAS : leur qualité dépend de la source et du mélange, et la seule information vérifiable est la composition et le tableau nutritionnel de l'emballage.

Et notre barre protéinée, dans tout ça ?

Notre barre n'est pas une source de protéines végétales. Ses 26,9 grammes de protéines pour une barre de 40 grammes et environ 143 kcal viennent principalement de la protéine de lactosérum isolée, issue du lait, et du blanc d'œuf. Elle contient aussi des ingrédients végétaux (farine de noix de coco, son d'avoine, pâte de dattes, cacao), mais nous n'avons pas mesuré séparément la part de protéines qu'ils apportent, et nous ne l'estimerons pas. Elle contient du lait et de l'œuf : elle ne convient pas à une alimentation végétalienne, ni à une allergie à l'un de ces deux aliments.

Si vous mangez des protéines végétales et aussi des produits laitiers et des œufs, elle peut servir d'encas pour compléter une journée, par exemple autour d'une séance : nous avons détaillé les moments où elle a un sens dans notre page sur quand manger une barre protéinée. Sa composition complète, 9 ingrédients et aucun édulcorant, est publiée sur la fiche de la barre chocolat noix de coco.

Questions fréquentes

Quelle est la protéine végétale la plus complète ?

Parmi les sources végétales mesurées par Mathai et ses coauteurs (2017), le soja. La farine de soja obtient un DIAAS de 105 et la protéine de soja isolée de 98, au-dessus du pois (73) et du blé (54), mais sous les protéines laitières de la même étude (123 à 141). Le tofu, le tempeh et le soja texturé en sont dérivés, mais ils n'ont pas été mesurés dans cette étude.

Le quinoa contient-il tous les acides aminés indispensables ?

Oui, d'après la base de composition du ministère américain de l'Agriculture (USDA), mais ce n'est pas une exception : les protéines végétales courantes contiennent les neuf acides aminés indispensables, en proportions variables. Ce qui limite le quinoa est sa teneur une fois cuit, 4,66 grammes de protéines pour 100 grammes selon Ciqual, trop faible pour porter un repas à lui seul.

Une alimentation végétale apporte-t-elle assez de protéines ?

Une alimentation végétale variée et suffisante en quantité peut couvrir la référence de 0,83 g/kg/j, comme le montre l'exemple de journée ci-dessus. L'Anses ne recommande pas d'associer systématiquement céréales et légumineuses : c'est la variété des sources qui compte. En cas d'alimentation très restreinte, de grossesse, ou pour un enfant, l'avis d'un médecin ou d'un diététicien est préférable à un calcul en ligne.

Quelles protéines en cas de maladie rénale ou de diabète ?

Cette question ne se tranche pas sur une page générale. La quantité et la nature des protéines se décident avec le médecin ou le diététicien qui suit la pathologie.

Sources et méthode. Teneurs en protéines et en énergie : table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual 2020, Anses, version du 07/07/2020, aliments 20585 et 20587 (lentille verte), 20525 et 20503 (haricot rouge), 20515 et 20506 (pois cassé), 20516 et 20507 (pois chiche), 20518 et 20500 (fève), 20901 (soja), 25598 (seitan), 20591 (protéine de soja texturée), 20917 (tempeh), 20912 et 20904 (tofu), 20906 (tofu soyeux), 9876 (pâtes de lentilles corail), 25621 (houmous), 18900 (boisson au soja), 9340 et 9341 (quinoa), 9103 (riz complet), 9871 (pâtes complètes), 9691 (boulgour), 7110 (pain complet), 9311 (flocon d'avoine), 15001 (cacahuète), 15034 (lin), 15000 (amande), 15047 (chia), 15005 (noix), 11086 (spiruline), 28963 (blanc de poulet). Une valeur que la table ne renseigne pas est signalée comme telle, jamais estimée. Portions, totaux et rapports protéines pour 100 kcal calculés par nous à partir de ces valeurs. Liste des neuf acides aminés indispensables, acides aminés limitants, digestibilité et complémentarité : Anses, page « Protéines : rôle, sources et apports recommandés » (22/12/2025), consultée le 26/10/2026. Acides aminés du quinoa cuit : USDA, FoodData Central, fiche 168917 « Quinoa, cooked », consultée le 26/10/2026. Référence de 0,83 g/kg/j : Anses, rapport d'expertise collective, saisine 2012-SA-0186, novembre 2016. Méthode DIAAS et paliers de qualité : FAO, Dietary protein quality evaluation in human nutrition, rapport d'une consultation d'experts, FAO Food and Nutrition Paper 92, 2013. Valeurs de DIAAS : Mathai J.K., Liu Y., Stein H.H., British Journal of Nutrition, 2017, 117, p. 490-499, tableau 7 ; Rutherfurd S.M. et al., Journal of Nutrition, 2015, 145, p. 372-379. Fréquence des légumineuses : Haut Conseil de la santé publique, avis relatif à la révision des repères alimentaires pour les adultes du PNNS 2017-2021, 16 février 2017. Repères sportifs : Jäger R. et al., position de l'International Society of Sports Nutrition, Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2017. Valeurs de la barre Terre Franche : valeurs de formulation publiées sur sa fiche produit, non issues d'une analyse de laboratoire. Allégations nutritionnelles et de santé : règlement (CE) n° 1924/2006. Composition de la page de résultats Google relevée le 26 octobre 2026 (France, français). Cet article est une information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.